MUSIQUE ET MON CHEMINEMENT VINH BAO SP (Juil 30, 2002)



30 JUILLET 2002
NGUYEN VINH BAO
MUSIQUE ET MON CHEMINEMENT
Tout ce est qui dans la nature, est dans l' art.
L'artiste est capable de tout sentir, de tout représenter, de tout animer. Cet écrit, fruit de mes soixante-dix années de travail ne lègue qu'à mes fidèles disciples. L'avenir le jugera à sa juste valeur.
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Un bon enseignement, c'est indiquer le chemin qui donne accès à l'art. Il éveille chez l'élève la sensibilité musicale et dans la mesure de ses possibilités, les facultés créatrices elles-mêmes. Préparer, éduquer, discipliner l'organisme afin de permettre la personnalité de l'exécutant de s'exprimer librement et de régler la dépense harmonieuse de ses forces. Dans l'éducation musicale, le rôle le plus important revient aux fonctions cérébrales et non au mécanisme des doigts. La valeur du mouvement réside dans la pensée de qui l'anime. Je m'indigne souvent du fait que tout le monde admire le mécanisme des doigts du musicien, sans jamais, sans jamais parler de son cerveau. Quand je regarde les doigts de l'élève que je fais travailler, je vois tout ce qui se passe dans sa tête: ce ne sont pas les doigts, c'est la tête qui m'intéresse. Je n'aime pas les mains entrainées, mais les mains disciplinées. Si l'on n'éveille pas les yeux qui dorment dans ses mains, on n'arrivera rien de bon. Le rôle exagéré joue de mémoire dans l'éducation pourrait se comparer à celui de l'automatisme développé par l'étude de la musique. Pour savoir qu'on est imparfait, il faut se connaitre. Il faut lutter contre cette erreur. Pour se corriger, il faut se vaincre. Pour se vaincre, il faut savoir en quoi consiste le perfectionnement et la pratique. La vie de l'univers comme dans notre vie humaine, la durée de chaque seconde, un changement se produit aussi imperceptible qu'il soit: c'est ce changement qui est la vie. L'instinct de l'artiste est un raisonnement inconscient. C'est toujours un phénomène
spontané et mystérieux du à l'émotion éprouvée par l'artiste en face de la beauté, de la vie et de ses manifestations.
Toujours insatisfait de moi-même. Jamais je m'arrête sur un résultat acquis. Mon œuvre est en transformation perpétuelle. Je change constamment mes procédés, trouvant chaque jour d'autres moyens d'expression. Les principes, certes, restent les mêmes, mais les formes changent. Mon enseignement, à ses débuts est relativement simple et méthodique. Mais avec les années, par la richesse même et la diversité de ses procédés, il évolue de telle sorte qu'il peut décourager les volontés les plus tenaces. Mon œuvre, dans sa partie profonde, ne s'adresse sans doute qu'à une élite capable d'en dégager l'esprit et de fournir l'effort mental intense qu'il exige.
Les opinions les plus diverses, les plus opposées, ont été émises à mon sujet. Mon caractère intransigeant et autoritaire n'admet point de discussion sur les vérités dont je suis moi-même convaincue. Calme et serein, je me détourne du monde et poursuis mon rêve dans la plus forte des réalités. Toute prise de conscience est un acte créateur. La faculté créatrice véritable est une source que rien ne peut obstruer. Le grand art ne s'enseigne pas; il procède de l'inspiration. Cependant la technique et l'art sont intimement liés, l'un agissant sur l'autre, dans une croissance simultanée. L'écriture musicale, par ses mesures uniformes, s'écarte de la vérité artistique; mais la pensée du musicien lui communique la vie rythmique; les valeurs des notes ne sont pour lui qu'une approximative conventionnelle; relativement grossière, comparée aux finesses rythmiques qu'il y introduit. Il faut le dire, ce n'est pas la musique telle qu'elle est écrite par le compositeur que nous entendons, mais c'est la transfiguration idéale de cette musique. Une musique infiniment plus belle, plus divisible dont les gradations infimes des rythmes et des nuances ne peuvent plus se traduire par les signes de l'écriture. On ne doit pas imprimer à la musique un balancement uniforme, mais
l'animer, la ralentir avec esprit et selon le sens qu'elle comporte. Le perfectionnement de l'art musical doit se former à travers nos trois principaux sens - le toucher, l'ouïe et la vue -. Lorsqu'une œuvre d'art nous émeut, nous vibrons "à l'unisson" avec elle. Il y identité de rythme entre cette œuvre et nos réactions physiologiques et esthétiques.
La mesure est dans le sens musical comme le rythme dans le vers. Dans l'art comme dans la science, on rencontre forcément un phénomène devant lequel on s'arrête, parce qu'il est irréductible; mais reculer le moment où l'inconscient intervient, c'est communiquer à l'œuvre une valeur plus haute. Dans la création de l'œuvre d'art, il n'y a pas en réalité opposition entre le conscient et l'inconscient, mais il y a coopération. La seule connaissance des lois, certes, ne suffit pas pour créer l'œuvre d'art. Il faut l'apprendre à utiliser les hasards. Si l'on cultivait tous les hasards, comme l'on serait savant. Moi-même, je ne joue rarement en mesure.

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